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Une année de la mission "sub signo martini"


Le 11 novembre dernier, le diocèse de Tours et la communauté Saint-Martin sont tous deux entrés dans une année de la mission ; occasion de revenir sur l’exemple missionnaire que nous a laissé Martin, l’apôtre des Gaules.

L’Evangile lu le jour de la Saint Martin nous donne le sens profond de l’activité missionnaire de Martin, qui est aussi celle de tout chrétien. Il s’agit du jugement dernier, au chapitre 25 de l’évangile selon Saint Matthieu. : au dernier jour, le Fils de l’Homme, le Christ, viendra séparer les brebis des boucs. Aux premiers qui s’étonnent d’être ainsi traités, le Christ déclare : « venez les bénis de mon Père : prenez possession du Royaume qui vous a été préparé dès l’origine du monde (…) amen, amen je vous le dis chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait », et aux seconds, non moins étonnés du châtiment qui leur réservé : « chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait ».

« Prenez possession du Royaume qui vous a été préparé » : si le Royaume nous a déjà été préparé, c’est que Dieu nous a précédés dans la mission. Nous ne sommes que les ouvriers envoyés à la vigne du Seigneur, non les maîtres. La mission ne se comprend donc qu’au sein de l’alliance entre Dieu et l’homme. Trop souvent nous concevons la mission comme une recherche de techniques ou de moyens. Or, être missionnaire, ce n’est pas être à l’affût de toute nouvelle idée nous permettant d’annoncer Jésus-Christ, ce n’est pas accomplir un devoir, plus ou moins pénible selon notre tempérament. La mission, tout au contraire, ne se comprend qu’au sein d’une relation vivante et féconde à Dieu le Père, qui nous a tout donné dans son Fils Jésus-Christ. Elle est une mise en route, elle est le chemin ouvert par la relation d’alliance entre l’homme et Dieu. Cela n’empêchera pas les épreuves, les échecs, les incompréhensions. Le Christ lui-même nous a prévenus : « Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups » ; mais dans la foi, nous savons qu’Il nous a appelés, envoyés et qu’Il reste présent à nos côtés.

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Au principe de la mission il y a donc le Christ, le Fils de Dieu fait homme, mais, - cela peut nous paraître bien surprenant ! – le Christ est aussi au terme de la mission ! Les principaux destinataires de l’activité missionnaire de l’Eglise sont les pauvres, ceux qui ont faim, ceux qui ont soif, ceux qui sont nus, malades ou en prison. Or, le Christ est présent en chacun d’eux de manière particulière. « J’étais nu et vous m’avez vêtu » : Martin, en partageant la moitié de son manteau avec un pauvre rencontré un soir d’hiver aux portes d’Amiens a vêtu le Christ. Le Christ n’a pas attendu Martin pour être présent en ce pauvre ; mais il a attendu Martin pour que sa présence soit dévoilée. Et tel est l’enjeu essentiel de la mission : dévoiler la présence du Christ au milieu des hommes et des femmes de notre temps, accueillir cette présence, la goûter et la faire partager. Le geste d’Amiens révèle et met en lumière ce qui était jusque là caché. Cela peut nous paraître bien dérisoire, minimiser la part humaine dans l’activité missionnaire, et pourtant c’est là essentiel. Le monde a plus que jamais besoin de ces témoins de l’amour infini de Dieu, de ces témoins qui, par tout leur être et leur agir, laissent transparaître le salut opéré par Jésus-Christ. Soyons donc ces passeurs de lumière et de vie. Laissons le Christ vivre en nous pour qu’en nous voyant, nos frères puissent Le reconnaître !


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